Du saisissement que procurent les parties naturelles du corps de la femme !

BOURREAU-DESLANDES (André-François) L'Apothéose du Beau-Sexe, à Londres, chez Van der Hoek, (Hollande, Amsterdam ?), 1741, in 12, de XLVI-138pp. & 17ff. d'index 1f. blanc, front gravé signé P. Yver, pl. veau époque, dos orné, coiffe sup. très lég. usée, bon exemplaire.

EUR 450.00

L'Apothéose du Beau-Sexe
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Edition originale. L'ouvrage a été imprimé en Hollande, sans doute à Amsterdam. Cette édition est tantôt répertoriée sous la date de 1712, tantôt sous celle de 1741. La difficulté provient de la mauvaise impression de la date en chiffres romains. Les catalogues de Bibliothèques ne tranchent pas cette question (CCFR, KVK). Toutefois après recherche c'est la date de 1741 qui doit être retenue car le graveur hollandais Pieter Yver a vécu de 1712 à 1787. C'est un texte libre et féministe, une "bagatelle traitée dogmatiquement" où l'auteur "soutient les droits [du Beau-Sexe], et par occasion indique la manière dont ils doivent en user avec cette belle partie du Genre Humain". Et en particulier "du saisissement et de l'enthousiasme que procurent les parties naturelles du corps de la femme, nommées avec peu de raison parties honteuses" (sic) ¶ Selon Marc Angenot, Les champions des femmes : examen du discours sur la supériorité des femmes (Pr. Univ. Québec, 1977, pp. 75-77) : " La thèse singulière défendue dans ce libelle à permis de n'y voir qu'une plaisante supercherie. Mais il est des supercheries qui tiennent plus de l'expérience spéculative que de la mystification pure et simple.... ce titre, il faut le prendre ici dans toute sa rigueur. Apothéose signifie bien étymologiquement "divinisation". Et "sexe" doit s'entendre non, selon le vocabulaire noble... mais bien précisément dans le sens de "parties génitales de la femme". L'auteur se propose tout bonnement de vouer un culte religieux aux organes sexuels féminins et justifie sur le ton le plus grave la légitimité de ce choix et l'opportunité d'un retour au paganisme naturel. Il s'appuie - c'est évident - sur la thèse de la supériorité des femmes et proclame la nécessité de réhabiliter le libidinal, l'érotisme étant le seul mouvement qui nous rapproche du divin. (...) En somme l'auteur se veut polythéiste et entend vouer à la sexualité féminine une dévotion particulière (...) conforme à la nature et à la raison. Son argument ne manque ni de solidité, ni d'érudition... " - Gay amour, femmes I. 248 "Volume curieux et assez libre... culte que les Allemands rendent à Bacchus... passions violentes... Courtisanes regardées autrefois d'un fort bon oeil, les français choisissent Vénus pour leur divinité... plaisir que le femme procure au soldat, au matelot etc..." - Barbier suppl p.12 attribué à Deslandes (né à Pondichéry en 1690) - Pas dans Quérard Fr. litt.

Item ID: 18745



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