De la corruption du goust dans la musique françoise. BOLLIOUD DE MERMET, Louis.

De la corruption du goust dans la musique françoise

à Lyon, de l'imprimerie d'Aimé Delaroche, 1746, in 12, de 53pp.1f. blanc, vignette gravée au titre, broché sans couv., tel que paru, à toutes marges.

Edition originale rare. L'auteur, compositeur, prend ici parti dans la querelle des Lullystes et des Ramistes (ou querelle des Anciens et des Modernes) en faveur de Lully, contre les modernes: "La mode s'est introduite dans la musique aussi bien qu'ailleurs... Ce qui touche le coeur, ce qui séduit l'âme n'est plus de saison. On admire ce qui est bizarre, ce qui est singulier, ce qui surprend, ce qui étonne... L'harmonie la plus naturelle et la plus complète est moins touchante qu'une composition chargée de travail, hérissée de difficultés, qui se réduit à faire beaucoup plus de bruit que d'impression... Le compositeur ne songe qu'à faire du neuf... il choisit des sujets d'un chant bizarre et trivial, persuadé qu'il les embellira à force d'y mêler des traits, des variations, et des fredons... Ces chants sophistiqués, ces modulations barbares, ce travail artificieux et multiplié, loin de prouver l'abondance du génie, en montrent la disette..." Il explique plus loin que cette musique moderne est également corrompue dans son exécution, vu que "la mode est de s'étendre surtout dans le haut, extrémité la plus désagréable à l'oreille," les chanteurs criant au lieu de chanter et les instrumentistes dénaturant le caractère propre de chaque instrument. Il est intéressant de noter, toutefois, que jamais l'auteur ne mentionne Rameau, juste les Italiens qui feraient mieux de rester en Italie. Il mentionne souvent Lully, un grand maître, ainsi que Lalande. Signalons que c'est dans cet ouvrage que le mot "Cantatrice" est utilisé pour la première fois dans la langue française.

Item #20860

Prix: 250.00 €  autres monnaies

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